Le trouble de la personnalité borderline

Le trouble de la personnalité borderline touche environ 2% de la population en France (10% pour les divers troubles de la personnalité). Le trouble débute généralement à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte.

La personnalité s’exprime par la façon de réagir aux situations dans lesquelles nous nous trouvons. Ainsi, notre manière d’être se construit de façon précoce, dans les interactions avec l’environnement, les proches, mais aussi, en fonction de notre tempérament (la part biologique de nous-même).

Les traits de personnalité sont notre façon de penser, de réagir, de percevoir les autres et ce qui nous arrive. Ces traits sont généralement assez stables dans le temps.

Toutefois, certaines caractéristiques de la personnalité, sont parfois plus rigides, et peuvent perturber la qualité de notre relation aux autres. Les relations sociales et professionnelles sont alors difficiles, conflictuelles.

Le trouble de la personnalité borderline

Ce trouble de la personnalité borderline se développe à partir d’une sensibilité spécifique qui se manifeste à 3 niveaux:

  • Une hyperréactivité aux stimulations de l’environnement, ce qui entraine des réactions parfois disproportionnées
  • Une intensité de la réaction émotionnelle, ce qui donne naissance à des émotions souvent très/trop fortes
  • Une lenteur de l’apaisement de cet état émotionnel intense. Ainsi, la personne va rester dans cet état émotionnel fort, plus longtemps que la plupart des gens

C’est pourquoi, une personne souffrant d’un trouble de la personnalité borderline, a tendance à sur-réagir dans certaines situations.

Les relations affectives, amoureuses, les relations au travail sont souvent difficiles à gérer.

Les situations générant du stress sont également difficiles à appréhender. Comme par exemple, le stress lié au travail, passer des examens… etc.

Pour tenter de trouver de l’apaisement, une personne souffrant d’un trouble de la personnalité borderline, a tendance à avoir une consommation abusive d’alcool et/ou autres produits.

C’est pourquoi, des problématiques addictives sont fréquentes chez les personnes présentant ce type de trouble.

Ce mode de réactions intenses, entraine une souffrance importante, une dévalorisation de soi et souvent, des relations avec les autres qui sont difficiles voire explosives.

Cette souffrance est telle, que le risque suicidaire est important. 60 à 70% des personnes souffrant d’un trouble de la personnalité borderline font des tentatives de suicide.

Les autres troubles de la personnalité

Les troubles de la personnalité:

  • narcissique
  • dépendante
  • histrionique
  • évitante
  • obsessionnelle-compulsive
  • paranoïaque
  • schizotypique
  • schizoïde
  • antisocial

Quel type de thérapie est adapté pour la prise en charge de ses troubles?

La thérapie des schémas est adaptée pour le traitement des troubles de la personnalité. D’ailleurs, elle a été développée par Jeffrey Young pour traiter ce type de difficultés. En effet, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) se sont révélées, à elles seules, insuffisantes pour la prise en charges de ces troubles.

Par ailleurs, la thérapie EMDR peut également être adéquate pour dépasser les traumatismes souvent présents dans la vie des personnes souffrant d’un trouble de la personnalité, notamment borderline.

L’anxiété et les troubles anxieux

L’anxiété et les troubles anxieux sont fréquents: 3 à 5% de la population française souffre de troubles anxieux.

L’anxiété est un état émotionnel traduisant une inquiétude, une peur, qui correspond à un anticipation d’un danger ou d’un problème à venir. Bien que son ressenti soit désagréable (peur, inquiétude, stress) cette émotion est normale. Elle est d’ailleurs inhérente à la vie.

Toutefois, parfois cette émotion s’avère disproportionnée et envahissante. Elle se cristallise alors en un trouble. On parle alors de trouble anxieux. Il y a un continuum de la simple inquiétude à l’angoisse.

L’anxiété est une émotion souvent ressentie comme désagréable. Elle correspond à l’attente plus ou moins consciente d’un danger, ou d’un problème à venir.

A quoi sert l’anxiété?

Comme toute les émotions, elle est utile. Et ce, malgré son ressenti désagréable. Elle nous alerte sur les situations à risques et sur les dangers. En effet, il est tout à fait normal de ressentir de l’anxiété lorsque l’on décide de quitter son emploi, par exemple.

le souci, l’inquiétude, l’anxiété sont des alertes qui nous permettent de limiter les prises de risques.

  • Trop peu d’anxiété, nous amènerait à prendre trop de risque. Ce qui pourrait nous mettre en danger.
  • Trop d’anxiété nous inhibe et nous épuise.

Quels sont les principaux troubles anxieux?

  • Attaques de panique/trouble panique, crise d’angoisse
  • Agoraphobie
  • TOC (trouble obsessionnel compulsif)
  • TAG (trouble anxieux généralisé), « maladie du soucis »
  • Phobies
  • Phobie sociale
  • Etat de stress post-traumatique (traumatisme)

Comment traiter l’anxiété et les troubles anxieux?

Pour traiter l’anxiété et les troubles anxieux, une prise en charge médicamenteuse peut s’avérer nécessaire, pour calmer les manifestations somatiques. Cela dépend de l’intensité de ces dernières.

Pour traiter ces différents troubles liés à l’anxiété, les thérapies comportementales et cognitives sont particulièrement recommandées, du moins en première intention.

L’anxiété excessive résulte d’une anticipation exagérée du futur. En effet, les personnes qui « vivent » dans le futur sont anxieuses. Se projeter dans le futur est en général une façon d’essayer d’anticiper les difficultés. Or, il n’est pas possible de contrôler des événements futurs, qui par définition n’existent pas encore. cette tentative de contrôle qui échoue, génère de l’anxiété.

Les thérapies comportementales et cognitives

Avec les TCC, les pensées automatiques dysfonctionnelles, les croyances erronées vont être travaillées. L’intensité de l’émotion va diminuer grâce à l’exposition progressive à ce qui génère cette anxiété. Des comportements nouveaux, adaptés, vont être développés.

Les thérapies comportementales et cognitives reposent sur le postulat que l’anxiété (ou le trouble anxieux) est la conséquence de pensées automatiques dysfonctionnelles, de croyances négatives et de comportements inadaptés.

Le thérapeute va donc aider le patient à travailler sur ses pensées et fausse croyances. L’exposition progressive à la situation anxiogène entrainera progressivement une habituation à cet état émotionnel puis, une extinction de cette anxiété dysfonctionnelle. Enfin, patient et thérapeute travailleront à la mise en place de nouveaux comportements, plus adaptés.

La thérapie EMDR

L’anxiété et les troubles anxieux peuvent être concomitants à un événement particulier comme par exemple un accident, une agression…

En thérapie EMDR, les croyances ne sont pas considérées comme étant la cause du trouble, mais comme les conséquences, les symptômes.

L’expérience de cet événement très anxiogène a été si dérangeante que le traitement de l’information a été perturbé. Les informations n’ont pas été retraitées adéquatement et constituent donc des réseaux de mémoire dysfonctionnels.

La thérapie EMDR va permettre de travailler sur ces réseaux de mémoire dysfonctionnels. Les informations vont progressivement pouvoir être retraitées et donc rangées dans les souvenirs. Les souvenirs aussi pénibles soient-ils, ne génèrent pas d’émotion forte, ni de sensation physique.

La thérapie des schémas

 Ici, l’anxiété n’est plus réactionnelle à des situations difficiles, mais elle devient un trait de caractère (ou un trait de personnalité). C’est à dire que l’anxiété est un façon d’être. Par exemple, ce sont des personnes qui prévoient toujours le pire, ou des personnes qui sont dans l’anticipation constante et qui pensent:  » que va-t-il se passer ensuite?… »

Il n’y a pas ici de situation particulière qui déclenche l’anxiété, c’est davantage comme une façon d’être. Ces personnes ont un schéma de peur (schéma de Danger/Vulnérabilité).

La thérapie des schémas

La thérapie des schémas a été développée par Jeffrey YOUNG, un psychologue américain. Il est le fondateur et le directeur des Centres de thérapie cognitive de New York et du Connecticut, ainsi que de l’Institut de Schéma Therapy de New York.

Cette thérapie est « intégrative » dans le sens où elle repose sur des pratiques et théories issues des: TCC, théorie de l’Attachement, neurosciences, gestalt thérapie, psychanalyse et approches psychodynamiques.

La notion de schéma

Les schémas sont des représentations mentales inconscientes concernant soi-même, les autres et le monde. Concrètement, un schéma est un ensemble de pensées, d’émotions, de sensations corporelles, de comportements, de souvenirs liés à un thème précis. Comme par exemple: l’abandon, l’imperfection, la peur, la méfiance, etc.

Pour mieux comprendre: exemple du schéma d’Abandon

Si je présente le schéma d’Abandon, alors j’ai tendance à me sentir abandonné(e) dans les situations de la vie quotidienne (quand mon/ma conjoint(e) est en retard, quand un ami discute et rigole avec quelqu’un d’autre, quand une personne à qui j’envoie un texto ne me répond pas immédiatement…). En réaction à cela, je vais m’inquiéter ou ressentir une forte colère. Alors, il est probable que j’aurai tendance à me replier sur moi-même ou à l’inverse à devenir agressif/ve…

Quelle est l’origine des schémas?

  1. L’origine des schémas se trouve dans l’enfance. Elle est en lien avec la façon dans les besoins affectifs fondamentaux de l’enfant ont été comblés: adéquatement, insuffisamment ou trop
  2. La qualité des relations avec l’entourage et les expériences précoces de l’enfant sont fondamentales
  3. Le tempérament de l’enfant est lui aussi déterminant

Les besoins affectifs fondamentaux sont:

  • Le sentiment de sécurité
  • Se sentir aimé et respecté
  • Le développement de l’autonomie
  • La possibilité de s’exprimer (les besoins et les émotions)
  • La mise en place de limites adaptées

Les étapes de la thérapie des schémas

Dans un premier temps, il est nécessaire d’identifier les schémas dysfonctionnels en lien avec les difficultés actuelles. En effet, cette thérapie permet d’identifier les schémas qui nous sont propres, notamment ceux qui sont dysfonctionnels.

Dans un second temps, par des techniques diverses, patient et thérapeute vont travailler à assouplir les schémas. Ainsi, ils vont devenir moins rigides.

De cette façon, le patient apprend à mieux gérer ses émotions et à sortir des cercles vicieux dans lesquels il est enfermé (sortir des scénarios de répétition).

Ouvrage de Jeffrey Young sur la thérapie des schémas. Cet ouvrage est destiné aux patients

Dans cet ouvrage, l’auteur Jeffrey Young s’adresse aux patients (ce n’est pas un manuel de thérapeute). Vous y découvrirez la description de tous les schémas, la façon dont ils se mettent en place… La lecture de cet ouvrage est un bon préalable à un travail de thérapie des schémas.

Par ailleurs, cette thérapie est particulièrement adaptée pour traiter les personnes souffrant d’un trouble de la personnalité borderline.

La dépression

La dépression fait partie des troubles les plus fréquents.

D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), d’ici 2020, la dépression deviendra la 2ème cause d’invalidité dans le monde.

La dépression est un trouble de l’humeur qui touche 3 millions de personnes en France. C’est-à-dire que statistiquement 1/5 personne fera un épisode dépressif au cours de sa vie.

La dépression affecte l’humeur, les pensées, le comportement et aussi le corps.

Qu’est-ce que c’est au juste ?

Cette maladie se caractérise par une grande tristesse, un manque de motivation, un ralentissement psychique.

Des troubles du sommeil y sont associés : des réveils nocturnes avec incapacité de se rendormir, ou à l’inverse une hypersomnie (la personne se réfugie dans le sommeil).

Le comportement alimentaire est souvent perturbé également. La personne a du mal à manger, ou à l’inverse, elle mange davantage et grignote beaucoup.

On constate une baisse du désir et notamment du désir sexuel.

Les fonctions cognitives sont également impactées : difficultés à prendre des décisions, oublis, manque d’attention…

Dévalorisation de soi, la personne atteinte de dépression a l’impression de ne pas/plus avoir de valeur. Elle aura alors des pensées négatives sur elle-même, comme par exemple :

« De toute façon, je suis nulle », « Je ne vaux rien », « Je n’y arriverai pas », « Je ne suis pas intéressante »…

Le corps est lui aussi souvent impacté. Le mal de dos, les maux de tête, les maux de ventre … peuvent être des symptômes associés à une dépression.

Toutefois, le terme de dépression est parfois utilisé à tort, pour désigner un état que nous connaissons tous et qui n’a rien de pathologique: la déprime.

Dépression et déprime, comment faire la différence ?

La déprime se caractérise par une humeur basse, un manque de motivation, une perte d’enthousiasme, consécutive à un événement particulier, une déception.

Il s’agit ici d’une baisse de l’humeur temporaire, qui va se réguler spontanément. En effet, les variations de l’humeur sont normales au cours d’une journée, au cours d’une semaine.

Cependant, quand ces variations sont fréquentes sans raison apparente, il peut être intéressant de faire le point avec un professionnel.

Les critères diagnostics de la dépression (DSM-V) :

La dépression répond à des critères diagnostics précis. Ces critères sont définis par le DSM-V, qui stipule qu’au moins 5 des critères suivant doivent être présents, sur une période consécutive d’au moins 2 semaines.

  • 1. Une humeur triste une grande partie de la journée
  • 2. Baisse de l’intérêt ou du plaisir pour les activités précédemment investies
  • 3. Perte ou augmentation du poids, perte ou augmentation de l’appétit
  • 4. Insomnie ou hypersomnie
  • 5. Agitation ou ralentissement psychomoteur
  • 6. Fatigue intense ou perte d’énergie
  • 7. Sentiment de dévalorisation, culpabilité
  • 8. Ralentissement psychique (difficulté à penser, à prendre des décisions…)
  • 9. Pensées de mort récurrentes, idées suicidaires

Quand et pourquoi consulter?

A partir du moment où vous avez la sensation de ne pas vous en sortir seul, cela signifie que vous avez besoin d’une aide extérieure. Lorsque la souffrance est importante, cela signifie également que vos stratégies pour aller bien sont épuisées ou inefficaces dans cette situation. Il est nécessaire d’apprendre de nouvelles stratégies et c’est le rôle du thérapeute de vous y aider.

La dépression est une maladie, cela signifie que cela se soigne, au même titre qu’un ulcère à l’estomac par exemple. Une dépression non soignée aura tendance à se chroniciser.

Qui consulter?

Plusieurs options s’offrent à vous. La voie médicamenteuse et/ou la voie thérapeutique. Cela peut être un choix si l’intensité de la dépression n’est pas trop forte.

Si l’intensité de la dépression est forte, il pourra être nécessaire de suivre un traitement antidépresseur. Le spécialiste en l’occurrence est le psychiatre. Il sera à même de faire un diagnostic et de vous prescrire un traitement antidépresseur adapté (les antidépresseurs sont nombreux, il faut trouver le bon).

Toutefois, il est important de souligner que le traitement médicamenteux ne traite pas les causes de la dépression.

Le psychologue lui vous aidera à comprendre le ou les mécanismes qui ont conduit à la dépression. Et surtout il vous apprendra de nouvelles stratégies pour faire face aux difficultés.

Quelles sont les thérapies adaptées?

Les thérapies comportementales et cognitives

L’EMDR

La thérapie des schémas

La thérapie basée sur la pleine conscience